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Parution de l’échec scolaire n’existe pas, de Juliette SPERANZA

Juliette Speranza publie le 3 septembre chez Albin Michel l‘Échec scolaire n’existe pas. Pour en finir avec la « ségrégation cognitive », Juliette SPERANZA appelle à une école qui accepte la diversité des profils et des intelligences:

Et si l’échec scolaire n’était qu’un mensonge ? Quel parent n’a jamais essuyé ces sentences sans appel : « votre enfant ne comprend rien », « nous ne savons plus quoi faire de lui », « il n’est pas dans le moule », « les maths ce n’est pas pour elle », etc. Les conseils de classe, les bulletins scolaires sont devenus de vraies angoisses pour les parents et les élèves. Et si l’école n’était plus une chance pour tous mais un échec pour tous ? Le temps est venu de dire la vérité. L’école est indigne de confiance, intolérante, rigide. Un système de contre-apprentissage organisé. Juliette Speranza, professeure en classe prépa, ayant enseigné du primaire au supérieur, propose une alternative. Un apprentissage qui renoue avec l’autonomie de l’élève, celle qui s’appuie sur les forces et les compétences, celle qui redonne sa place au sein de l’école. Un enseignement qui assume la diversité des profils. Pour que l’éducation retrouve sa mission première, celle de croire en tous ses élèves.
Ce livre est une révolution. Une nouvelle approche de l’intelligence. Un soutien, un accompagnement qui va changer l’avenir de votre enfant. Un espoir pour les parents, une libération pour les enseignants, une solution pour nos enfants.

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La France, ce pays où il faut quêter pour scolariser son enfant sourd

Shayan a 13 ans. Comme les garçons et les filles de son âge, Shayan rentrera en quatrième en septembre. Comme les garçons et les filles de son âge, il étudie dans son collège de secteur au sein duquel il s’est fait des amis. Mais, petit, on a dit à la mère de Shayan qu’il n’avait « pas sa place à l’école ». Puis, il n’a pas eu droit à la fameuse photo avec le père Noël. Aujourd’hui, il est privé de 9 heures de classes par semaine, comme par exemple la musique, le sport ou l’anglais. Pourquoi? Parce qu’il est sourd, et, en tant que sourd, Shayan n’a toujours pas les mêmes droits que les autres enfants.

Article publié le 17 Août sur Le blog Mediapart

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Shayan a besoin de traduction en LSF (Langue des signes française) de tous ses cours. Si son entourage s’adapte, comme sa famille, sa soeur, avec laquelle il communique en langue des signes, et ses amis qui ont apprit quelques signes, on ne peut en dire autant de l’institution scolaire, au sein de laquelle il fut compliqué pour Shayan de se frayer un chemin.  

Pour Coralie, sa mère, le combat dure depuis plusieurs années: des années maternelles où on lui refuse une AVS (car Shayan n’est pas encore considéré comme handicapé à 80 %) , ou de participer à des activités de l’école telles que le Carnaval, en passant par le primaire où certains enseignants refusent de s’adapter, pour arriver en sixième et découvrir que malgré les engagements de l’Inspection, aucun accompagnement n’était prévu pour Shayan. Après avoir contacté l’inspecteur qui lui a expliqué que « lui aussi, il avait droit à des vacances », elle a dû batailler,  faire appel au défenseur des droits, négocier avec l’académie, s’entourer de militants pour enfin obtenir une auxiliaire « formidable ». Mais tandis que la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) préconise 21 heures d’accompagnement par semaine, l’inspection n’a accordé que 12 heures, puis 15, après de nombreuses négociations, Coralie ayant été contrainte de brandir la menace de la plainte! En outre, Shayan est « dispensé » de langues et de musique, parce  que ces matières sont présentées comme incompatibles avec son handicap. On lui refuse également un accompagnement afin qu’il puisse suivre les cours de sport. 

Déterminée, Coralie ne baissera pas les bras: « Je suis  passée par  tellement de combat qu’aujourd’hui, je ne peux rien lâcher ». Sa pugnacité, elle la tient de sa colère, de son amour pour son fils bien sûr, mais aussi du soutien de quelques personnes bienveillantes et humaines qui ont croisé la route de Shayan. Aujourd’hui à l’aise et bien entouré au collège, «  il se mélange très bien avec les entendants ». L’adolescent ne demande donc qu’à suivre un cursus normal, avec un accompagnement dans chaque matière « plus il grandit, plus il a besoin d’heures d’accompagnement », explique sa mère. 

Un confinement particulier 

Le confinement s’est plutôt bien passé, « Shayan étant habitué à être un peu exclu de cette société, on peut dire qu’il a bien vécu le fait de rester à la maison avec sa famille. Le problème, ce sont  les masques: la communication est déjà compliquée d’ordinaire, mais là sans voir la bouche, c’est encore pire». Par ailleurs, soutenu par ses interfaces de communication, cette situation  a révélé la motivation et les capacité de Shayan «Mon fils a beaucoup de capacités. Si l’académie mettait vraiment les moyens,  nos enfants n’auraient nul besoin d’être dans des instituts spécialisés ». Assidu, Shayan était un des élèves les plus « présents» de sa classe, il est aussi un de ceux qui a le plus progressé pendant les mois d’école à distance. « Les élèves s’adaptent vite, contrairement aux adultes, qui au bout de tant d’années ne comprennent toujours pas comment intégrer les enfants différents ». 

Un crownfounding pour une scolarité digne de ce nom

Au pied du mur, Coralie  a donc décidé de lancer une campagne de Crownfounding (soutenue par des particuliers et l’association Drôle de girafe) pour financer les heures d’AVS que l’académie n’a « pas les moyens » de financer: 

« Je suis dans l’obligation de faire cette cagnotte pour que mon fils puisse être scolarisé comme n’importe quel enfant, je pense porter plainte contre l’Éducation nationale, mais je sais que ça va prendre énormément de temps et la scolarité de mon fils ne peut pas attendre. »

Pas les moyens, vraiment? Tout est question de priorité. Et si, au lieu de payer des gens à « inspecter » ou à « gérer » les enseignants, on les mettait à contribution pour construire un école vraiment inclusive?

Juliette SPERANZA

Pour aider Shayan, cliquez sur ce lien

Pour témoigner de votre indignation au ministère de l’Education Nationale, cliquez sur ce lien

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Éléonore Laloux, conseillère municipale atypique

Eléonore Laloux est trisomique. Mais elle est surtout une personne autonome et inspirante. Auteure de  «Triso, et alors ! » (Max Milo,  2014), elle est, depuis les dernières élections, conseillère municipale de la ville d’Arras. Retour sur un parcours atypique et brillant. 

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Lorsqu’Éleonore est née, les médecins ont annoncé à son père qu’elle était porteuse
d’une « aberration chromosomique ». « Mes parents étaient sous le choc dès l’annonce ». On sépare Éléonore de sa mère, on donne à cette dernière un cachet pour stopper la montée de lait, sans lui demander son avis. On s’empare de leur vie, de leur destin.

« Un mois après ma naissance, mes parents sont allés dans une famille avec une fille qui avait la trisomie 21 pour avoir quelques conseils. Comment vivre avec un enfant ayant une trisomie 21 et que faire pour lui permettre de se développer au mieux ? « . Ils l’emmènent également voir plusieurs spécialistes : orthophonistes, pédiatres, orthopédistes, kinés, psychologues…

Mais les déboires médicaux ne font que commencer. Née avec une  une malformation cardiaque, Eléonore est hospitalisée dans la banlieue sud de Paris à l’âge d’un an: « Juste après mon opération du cœur, j’ai attrapé une infection à staphylocoques. Les médecins ont demandé à mes parents si ils devaient continuer ou arrêter parce que j’étais entre la vie et la mort. J’étais dans une pièce stérile. Mes parents m’ont vue à travers une vitre. Je ne pouvais pas parler, je leur ai fait un sourire. Mes parents ont dit ’’on continue ».

Mes parents m’ont vue à travers une vitre. Je ne pouvais pas parler, je leur ai fait un sourire. Mes parents ont dit ’’on continue ».

De 2001 à 2006, elle poursuit son cursus au sein d’une Classe d’Intégration. Pour trouver un métier, Eléonore a effectué de nombreux stages dans des établissements dits « ouverts », et une formation par alternance.

« Aujourd’hui, je suis agent administratif à l’hôpital d’Arras. J’ai été employée en 2006 avec un contrat à durée déterminée. En 2008 j’ai obtenu un autre contrat à durée indéterminée.  Je vais chercher le courrier. Je fais de la mise sous pli. J’envoie des factures à des caisses d’assurance maladie et des mutuelles. J’envoie des mails et je fais du classement alphabétique. Je vis seule dans mon appartement depuis août 2011. »

Un tournant dans son parcours

Mais Eléonore a d’autres talents qu’elle compte bien mettre au service de la communauté. En 2018, le candidat Frédéric Leturque lui propose de concrétiser son combat pour l’inclusion en intégrant sa liste pour les élections municipales. Deux ans plus tard, la trentenaire se retrouve donc conseillère municipale déléguée à la transition inclusive, une élection qui a changé son regard sur elle-même, mais aussi sur la société: « Depuis mon élection en tant que conseillère municipale, mon regard sur moi-même a changé. Je me sens plus autonome, plus raisonnable, plus sage, plus humble, plus belle, plus sympathique, plus souriante et plus dynamique. »

La confiance dont elle bénéficie en tant qu’élue permet à Eléonore de devenir de plus en plus responsable et apte à servir la population: « J’ai grandi dans ma tête. Je ne mélange pas le personnel et le professionnel. Je sais ce que je veux. Avant je ne pensais qu’a moi et maintenant je pense aux autres. Je suis fière de moi et je crois que je donne une belle image de moi. »

« Il faut casser les préjugés. Les personnes en situation de handicap sont capables d’être autonomes, de prendre des décisions et de faire plein de choses. Elles sont avant tout des citoyens à part entière. »

Optimiste, elle se félicite du déclin des préjugés sur la trisomie 21: « J’ai le sentiment que le regard des autres a évolué sur les personnes ayant la trisomie 21. Je suis très contente, il y a beaucoup plus de regards positifs. On parle de nous dans les médias et sur les réseaux sociaux. » Néanmoins, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. L’inclusion reste un travail de longue haleine et l’opinion reste cramponnée aux a priori sur les diversités cognitives. Réhabiliter la différence, c’est l’objectif qu’Eléonore s’est fixé:   « Moi, je trouve qu’il n’y a pas assez d’inclusion. Je voudrais faire évoluer tout ça. En ce moment j’y travaille. il faut casser les préjugés. Les personnes en situation de handicap sont capables d’être autonomes, de prendre des décisions et de faire plein de choses. Elles sont avant tout des citoyens à part entière. »
Des idées pour changer le monde, la jeune élue n’en manque pas, clean up days, théâtre, handisport, mais aussi son projet d »‘incluthon »: « c’est un événement qui rassemble des personnes en situation de handicap et des personnes qui n’ont pas de handicap. » Experte et enthousiaste, nul doute qu’Eléonore Laloux saura faire d’Arras une pionnière en matière d’inclusion!
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« Autiste » n’est pas une insulte!

À tous ceux qui s’insurgent qu’un dénommé Christophe Dugarry, ange déchu de la Coupe du Monde 1998 devenu consultant sur RMC Sport, ait « insulté » le joueur Lionel Messi en le traitant d' »autiste », nous allons rappeler une réalité qui paraitra un truisme à nombre de nos lecteurs:

On ne « traite » pas quelqu’un d’autiste. L’autisme n’est pas une insulte.

On ne traite pas quelqu’un d’autiste, comme on ne traite pas quelqu’un de noir, de blond, de femme ou d’étranger. Ces caractéristiques font partie de la diversité humaine, et c’est très bien. Si le joueur de foot Lionel Messi est autiste, c’est une excellente nouvelle. Il contribue à incarner la réussite de tous au sein de toute la société. Il incarne, au même titre que Zidane et Thuram il y a 20 ans, la diversité. Il est temps de se rendre compte que les profils atypiques font la richesse de nos civilisations. C’est peut-être même son autisme, parce que l’autisme a aussi des avantages, qui a fait de Messi un virtuose du ballon rond! Scientifiques, artistes, sportifs atypiques, merci de nous offrir d’autres perspectives que la triste normalité!

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L’éducation au Moyen âge, sous-estimée? avec Danièle Alexandre-Bidon

Le statut de l’enfant au Moyen Âge fait débat. Dans un contexte où, sur dix enfants qui naissaient, on estime que trois mouraient avant l’âge de un an, et trois autres avant leur puberté, l’engagement affectif des parents, la considération de la société étaient-ils, comme nous aurions tendance à le croire, inexistants? Danièle Alexandre-Bidon, historienne et archéologue, docteur en histoire et civilisation médiévales, réhabilite à travers plusieurs ouvrages  l’existence de la sensibilité à l’enfance au Moyen Âge, en particulier à travers l’éducation familiale, monastique et scolaire. A la lecture de ses articles, on découvre des pratiques moins obscures que l’on voudrait le croire: innovations pédagogiques, approche sensorielle, cours de musique, prolifération des écoles dans les rues de Paris, gratuité de l’enseignement pour les plus démunis… Et si la fin du Moyen Âge était une période décisive dans l’histoire de l’enseignement occidental?

EDLN: Dans l’opinion commune, l’éducation médiévale paraît, à l’exception de  l’ Admonitio generalis de Charlemagne, indigente ou réservée à une élite. Qu’en pensez-vous?

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Jeu de lecture accompagné de commentaires religieux.  Il y a dans les marges de l’image des lettres d’alphabet, que balayent et ramassent les petits personnages. Certaines forment des séquences, du type x y z… Il manque une seule lettre. Il faut que le jeune lecteur de ce manuscrit la trouve. C’est le O. Or, des O, il y en a 7 dans les marges de la page : ce sont les couronnes en clayonnage, c’est-à-dire d’osier entrelacé, fleuries. Or, il existait une prière, enseignée aux enfants : les « 7 O », des invocations commençant toutes par la lettre O : Ô interemata…, Ô…

Danièle Alexandre-Bidon:
C’est une erreur. À partir du XIIIe siècle, en France, en Italie, en Allemagne, partout en Europe il y avait une « petite école », pour les rudiments, dans tous les bourgs ruraux et plus encore dans toutes les villes. À Paris, au XIVe siècle, il était même interdit d’ouvrir deux écoles à moins de 20 mètres (traduction en métrologie moderne, bien sûr!)  l’une de l’autre. Tous les enfants d’artisans et de marchands, (même de petits marchands) allaient à l’école pour apprendre à lire, à compter et à écrire, parce que cela était indispensable pour prendre des commandes, les livrer, noter les dettes (la société du bas Moyen Age est en surendettement) et les paiements.
 

EDLN: Le Moyen Âge désigne une vaste période, quelle a été l’évolution de l’ accès à l’instruction durant ces dix siècles?

Danièle Alexandre-Bidon: Une date barrière, le XIIIe siècle. Avant, dans chaque paroisse, seuls quelques petits paysans doués, des garçons seulement, étaient pris en charge par le curé pour leur instruction, dans l’objectif de les voir devenir prêtres à leur tour. A cette date, les jeunes aristocrates disposaient de précepteurs, même dans des petits châteaux. Au XIIe siècle, il était même considéré que mettre ses enfants au monastère à l’école externe était le gage d’une éducation digne d’un roi. Certains jeunes paysans chétifs ou maladifs étaient confiés aux monastères pour qu’ils y soient protégés. Ils y gagnaient une bonne éducation.
 

EDLN: A l’époque, on distinguait déjà le trivium et le quadrivium, mais peut-on parler de réels programmes scolaires? 

Danièle Alexandre-Bidon: Non, mais les livres scolaires de base sont les mêmes pour tous.

EDLN: Observe-t-on à cette époque une organisation de l’enseignement en classe d’âge, en cycle ?

Danièle Alexandre-Bidon: Non, tout le monde a accès à l’école, qui peut accueillir des petits de cinq ans comme des grands de 11 ans pour apprendre l’alphabet. Les pauvres « pour Dieu », c’est-à-dire gratuitement, les gens assez aisés moyennant un paiement. Parfois, le maître est engagé par la municipalité, qui le loge, le blanchit, le nourrit.

EDLN: Dans vos ouvrages, vous évoquez la place de l’alimentation dans les apprentissages. Les adultes faisaient-ils un lien entre la nourriture et la connaissance?

Danièle Alexandre-Bidon: Oui, ils inventent même des objets transitionnels comme des bols à bouillie abécédaires (voir ci-joint deux photos de bol abécédaire anglais du XIVe siècle), et quand ils font pour les tout-petits des lettres qui se mangent, c’est intentionnellement. Les pâtes alimentaires sont des lettres en pâte à gâteau. En Italie, on en faisait aussi, dans les milieux très aisés, en sucre filé. La première leçon d’un enfant juif à l’école consiste à lui faire manger un oeuf dur couvert d’écriture. Manger les lettres s’explique par le fait que, dans toutes les langues, du latin au vernaculaire, au Moyen Âge, nourrir signifie et manger et enseigner.

EDLN: Comment peut-on expliquer ce phénomène?

Danièle Alexandre-Bidon: Allégoriquement, la Grammaire est représentée comme une femme qui allaite des enfants. C’est une question de vocabulaire, avec le verbe nourrir qui a deux sens, alimenter et éduquer.

EDLN: Certaines pratiques médiévales semblent avoir inspiré les pédagogies alternatives d’aujourd’hui, en particulier l’aspect ludique et sensoriel de l’apprentissage. Confirmez-vous cette impression?

Danièle Alexandre-Bidon: Non, chaque période a redécouvert des techniques « alternatives ». L’époque Montessori ignorait tout de la pédagogie médiévale. Il y a juste une très grande attention, au Moyen Âge, à la psychologie de l’enfance. J’ai écrit un article sur ce point. Cette pédagogie concrète et poétique à la fois, est la règle depuis le haut Moyen Age. Elle est très imaginative et très ludique.

Pour aller plus loin: 

D. Alexandre-Bidon et M.-T. Lorcin, Système éducatif et cultures dans l’Occident médiéval, Paris-Gap, Ophrys, 1998.

D. Alexandre-Bidon, Marie-Madeleine Compère et alii, Le Patrimoine de l’Éducation nationale en France, Charenton-le-Pont, Flohic Éditions, 1998.

D. Alexandre-Bidon et P. Riché, L’Enfance au Moyen Âge, Paris, BN/Le Seuil, 1994.

D. Alexandre-Bidon et Jacques Berlioz (dir.), Les Croquemitaines. Faire peur et éduquer, n° spécial de la revue Le Monde alpin et rhodanien, 2-4, 1998.

Pour les enfants: 
D. Alexandre-Bidon, Les Écoliers au Moyen Âge, Paris, Éditions du Sorbier, 2001. Prix Fulbert de Chartres 2007.
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Merci de répondre à notre enquête sur « l’école à la maison »!

Cela fait des années que cela vous fascine, vous interroge, vous dérange… Peut-être que certains d’entre vous la pratiquent, de par les failles de notre « école inclusive »…  Voici le temps pour vous de tester la fameuse IEF, instruction en famille, ou même l’unschooling si vous faites fi des mails de maîtresse Caroline du petit et de la prof de math de l’aîné…

Nous vous remercions par avance de répondre à ce court questionnaire afin de mieux comprendre vos difficultés mais aussi les belles surprises que peut révéler cette période de confinement! Nous restons à votre disposition pour vos questions et demandes de documents pédagogiques. Bon courage à tous, prenez soin de vous!

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« Non, ce ne sont pas les différences qui créent l’échec scolaire »

Lors de la conférence nationale du handicap du 11 Février 2020, Le président Macron déclarait: “Il y a toutes les différences qui créent de l’échec scolaire si elles ne sont pas repérées, diagnostiquées accompagnés : les dyslexies, dyspraxies, (…) ces forfaits seront ouverts à tous les DYS”.

Comment vous expliquer, cher Président. Vous avez sans doute entendu parler, enfin, je l’espère du « modèle social du handicap »: la situation de handicap serait la résultante de l’interaction d’un individu avec un environnement particulier, inadapté. L’échec scolaire est une production sociale, au même titre que le handicap. C’est bien le système que vous laissez prospérer sous votre mandat qui produit, en masse, l’échec scolaire, et non les différences de nos enfants, qu’ils soient trop « différents » « dys » trop « Tdah », trop « autistes », trop « sourds » ou, comble institutionnel, trop « hauts potentiels ». Vous évoquiez, dans votre discours les « forces » et les « faiblesses » des personnes en situation de handicap, mais à quel moment l’institution dirigée par votre ministre Blanquer permet-elle à ces « forces » de s’exprimer?

Le système scolaire devrait, en tant que service public, s’adapter à la neurodiversité afin que chacun puisse s’épanouir et apprendre dans des conditions dignes. Le module « handicap » que vous proposez d’intégrer pour la formation des futurs enseignants devra comporter une vraie réflexion sur la posture de l’enseignant face à la diversité de ses élèves, et pas uniquement comporter quelques astuces pour gérer le situation de handicap en classe.  Pourquoi s’arrêter sur les mots, me direz-vous, alors que l’intention semble charitable? Justement, peut-être, parce que cette politique éducative adopte une posture à la fois ségrégative et charitable. Et parce que les mots sont importants. Tant que vous n’aurez pas compris et accepté l’égalité cognitive de tous les citoyens, l’inclusion restera une chimère.

 

 

 

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Les élèves du « Carré Libre » sommés par le rectorat de quitter leur école

Le triste feuilleton académique tenait en haleine le monde de l’éducation alternative. Cinq jours après leur troisième inspection annuelle, le rectorat a envoyé à une trentaine de familles des mises en demeure afin qu’ils inscrivent sous 15 jours leur enfant dans un nouvel établissement.

Une inspection fatale

Selon le rectorat, « Le Carré Libre » ne respectait pas les règles pédagogiques et son enseignement « ne permet pas d’acquérir à 16 ans les compétences du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. »  (Source: FR3 Régions). Seuls les enfants de plus de 16 ans, n’étant plus soumis à l’obligation d’instruction, ont échappé à ces mises en demeure.

Les apprentissages informels, terre inconnue pour l’Education Nationale

D’après la vidéo ci-dessous et les témoignages des familles, l’école démocratique est une école plus respecteuse des appétences naturelles des enfants que les écoles « ordinaires ».  Elle s’est avérée une alternative à des cursus parsemés de difficultés, de harcèlement, de phobie scolaire.

Il est désolant que les pédagogies  qui reposent sur la liberté et  l’apprentissage informel ne parviennent à convaincre l’institution. En effet, parce qu’elles permettent à l’enfant de s’épanouir en cohérence avec lui-même et son propre rythme, elles menacent le contrôle de l’Education Nationale sur l’organisation sociale,  sur l’avenir de nos enfants, ainsi que sur le processus d’uniformisation qui est, plus que jamais,  en marche.

Pendant ce temps, la violence psychologique et physique prospère.

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Parution de « La neurodiversité, plaidoyer pour la reconnaissance de la diversité humaine et pour son avenir »

Dans la lignée de l’ouvrage éponyme publié avec Josef Schovanec, Steve Silberman, Bianca Nugent ou encore Joël Monzee, Mélanie Ouimet a proposé à Charlotte Parzyjagla, Juliette Speranza et Hugo Horiot de participer à un nouvel opus, publié en exclusivité au Canada. Mais il est possible de le commander en France ici ! Pour ceux qui seront présents à la Fête de la neurodiversité, ils pourront se le faire dédicacer par les trois auteurs français!  Bonne lecture!!

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La neurodiversité c’est complexe ! Tant mieux ! 

Un lundi après-midi de mai, nous sommes assis dans le petit carré d’herbe de l’école, à l’ombre de deux arbres fruitiers. Ces 5 enfants aux profils cognitifs très divers, ce qui leur a valu un échec au test de QI, sont soudainement plus calmes et plus réceptifs qu’entre les quatre murs de la classe d’ULIS que je coordonne. Nous observons la nature, et débattons de la différence. Voici un pêle-mêle de leurs pensées :

« – C’est comme les fleurs, il y en a une qui est ouverte et pas l’autre. Et là il y a un arbre grand et un  petit, même les abeilles elles sont pas pareilles. 

-Les éclairs dans le ciel c’est pas les mêmes.

– Et il n’y a pas deux herbes pareilles quand tu regardes, tu vois elle, elle est presque jaune et elle elle est verte avec des trous.

-Les feuilles, t’as vu ? Elles se ressemblent mais en fait c’est pas les mêmes. 

-Oui mais deux voitures c’est pareil. 

– Même nos cahiers,  c’est pareil pour tout le monde le cahier de liaison.

– C’est des objets ça, c’est pas la nature ! C’est les usines qui fabriquent les objets toujours pareils. Les plantes c’est l’eau et le soleil, ben c’est la nature tu sais bien !

Moi : Et les êtres humains ?

– Les humains, c’est la nature.

– Oui ben les jumeaux c’est pareil comme K et L dans ma classe.

– Non c’est pas les mêmes, elles ont les mêmes habits mais c’est pas le même caractère.

– En plus elles bougent pas pareil, par exemple elles lèvent pas toutes les deux la main.

Moi : Et quand on apprend ? On est pareil ? 

– Ben , M. il a des problèmes avec les maths, ben moi j’ai des problèmes à lire.

– Nous on est des ULIS aussi, c’est pas pareil que les autres !

– Ben en ULIS, c’est quand t’as pas la même vitesse pour apprendre.

Moi : Dans le corps, qu’est ce qui nous permet d’apprendre ? 

– C’est dans la tête !

– Oui les yeux quand même, faut bien regarder ! 

– Non c’est le cerveau. Aussi tes mains sinon tu peux pas écrire.

– Ben toi maîtresse en ULIS tu nous aides avec notre cerveau parce qu’il est moins bien.

– moi : Non, c’est pas moins bien, c’est différent. »

La nature ne fabrique rien de  «pareil », mais les hommes eux fabriquent des objets en série. Tout est dit non ? Un beau tableau dans ce jardin, pour peindre ce qu’est la neurodiversité en s’appuyant sur la palette que nous offre la biodiversité. 

Pour sensibiliser les élèves à la neurodiversité, j’aime commencer par leur parler de cerveau, et donc d’eux mêmes. Parler de neurosciences aux enfants surprend parfois les collègues : 

« C’est compliqué, tu ne les prépares pas à la fac de médecine ». 

Non … ce n’est pas « compliqué » c’est « complexe».

La neurodiversité est une affaire de « complexité » au sens que lui donne Edgar Morin, sociologue et philosophe. Petit détour théorique : 

Edgar Morin nous invite à penser le monde de manière globale, il s’agit alors de prendre de la hauteur sur le système qui nous intéresse ici, la neurodiversité humaine.

Retenons d’abord qu’un système forme un TOUT composé de différentes PARTIES, différentes les unes des autres, mêmes quand elles se ressemblent. Comme ici : image 1 tout parties

Comprendre le tout  et/ou comprendre chaque partie ne suffit pas pour saisir la richesse de ce système. Il s’agit ensuite de comprendre que dans ce TOUT les PARTIES sont en interactions, sont reliées. 

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Cet ensemble d’interactions entre ces PARTIES produit quelque chose de nouveau qui sera projeté   sur l’environnement extérieur au système. 

image 3 boucle récursive

 

Le TOUT composé de PARTIES en interactions est alors relié au monde, et agit sur celui ci. Inversement le monde agit aussi sur ce tout, c’est la boucle récursive.

Je vous invite à lire Penser global ou plus encore, La méthode d’Edgar Morin pour approfondir ces concepts vulgarisés ici. 

Maintenant, osons un transfert avec la neurodiversité, le système éducatif, ce tout que forme l’école, vise l’inclusion de différents élèves aux profils cognitifs divers, mais aussi au développement divers, à l’histoire de vie diverse….Et ce après être passé par l’exclusion, la ségrégation, l’intégration. Mais l’inclusion est plus complexe que juste réunir dans un système des parties différentes.

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 Il est important de prendre en compte le fait que ces parties, si on laisse naître les interactions, communiquent entre elles, peuvent être complémentaires. Laissons vivre ce système neurodivers, nous observerons alors qu’il produira quelque chose de nouveau que chaque partie indépendamment des autres n’aurait pas été en mesure de produire. Pour simplifier, mélangez du bleu et du rouge, vous obtiendrez du violet ! Ni le bleu, ni le rouge ne contenait de violet. 

La nature fait cela déjà… Chacune de nos cellules est composée de différents éléments qui, en interagissant entre eux, permettent de faire naître la vie. Le cerveau n’est il pas composé lui même de différentes parties qui interagissent entre elles pour produire un effet sur le monde et inversement se saisit du monde par ses perceptions ? C’est cela l’intelligence humaine. 

Le cosmos n’était-il pas un de ces systèmes composés de différents éléments qui par leurs interactions ont fait naître notre planète ? 

C’est cela penser global.  

Saisir la complexité de la neurodiversité humaine, c’est peut être aussi se donner les chances d’une école du XXIème siècle plus créative, et alors d’une société qui sera en mesure de relever les nombreux défis auxquelles elle devra faire face. Il est nécessaire pour cela de regrouper dans un même système éducatif toutes ces formes d’intelligences. Nous ne pouvons juste viser l’inclusion, nous devons viser la complémentarité, la création, la complexité. Car, tout est différent dans la nature ! Ne devenons pas produits de nous mêmes comme ces voitures en série. 

Il est temps de changer de paradigme sur ce qu’est l’intelligence humaine. 

Perrine Sonneville.